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Les lundis de Louis-Joseph Delanglade - Page 4

  • Idées reçues et sens commun

     

    Les récentes statistiques de lInsee sur les migrations ont tout de suite été exploitées par une certaine presse soucieuse de dénoncer le « fantasme dune subversion migratoire » véhiculé par les tenants du « Grand Remplacement ». Les titres sont éloquents : « LInsee bouscule les idées reçues sur limmigration » (Le Monde), « Les immigrés quittent de plus en plus la France »(Libération), etc. On veut donc maintenant nous convaincre, graphiques à lappui, que limmigration nest au fond quun phénomène marginal et en régression. M. Hollande déclare ainsi que « ceux qui prétendent que nous serions envahis sont des manipulateurs, des falsificateurs, qui le font pour des raisons purement politiques, pour faire peur » : il parle, en loccurrence à juste titre, des vingt-quatre mille Syriens mais il sait bien, en bon politicien madré, que ses propos auront une portée plus large.

     

    Or, les statistiques de lInsee ne prennent pas en compte lintégralité du phénomène migratoire en France. On ne peut faire abstraction de ces dizaines (ces centaines ?) de milliers de clandestins qui entrent et restent en France avec la bénédiction conjointe des églises, du patronat et de la gauche. On doit aussi intégrer le fait que limmigration a changé de nature il y a une quarantaine dannées. Cest en effet en 1976 que le regroupement familial fut rendu légal (chef de lEtat : M. Giscard dEstaing, Premier ministre M. Chirac), lequel regroupement familial, conjugué au droit du sol, a transformé une immigration post-coloniale jusque-là quantitativement raisonnable, et par là comparable à celles qui lavaient précédée, en une déferlante. Les clandestins et les conséquences démographiques du regroupement familial, ce nest pas une « idée reçue », cest la réalité.

     

    Le même Insee avait dailleurs déjà publié des statistiques concernant « les descendants dimmigrés ». On sen doutait  : ceux-ci seraient « plus nombreux que les immigrés » et rencontreraient des « difficultés sur les chemins de lintégration » pour des raisons sociales et « des particularités reliées aux origines ». On comprend bien que cette analyse concerne surtout une certaine immigration, la plus importante dailleurs… Le vrai problème est que, même minoritaires, beaucoup de ceux que la France a accueillis en en faisant des compatriotes sont des sortes de « malgré eux » qui refusent toute forme dassimilation ou dintégration, le plus souvent pour des raisons religieuses. Du coup les voilà plus proches dimmigrés aux mêmes origines, formant de fait avec eux un peuple à part. Ce communautarisme auto-stigmatisant a pour conséquence au mieux une insupportable arabo-africanisation de trop de nos villes et quartiers, au pis une empathie latente avec les dérives terroristes que lon connaît. Cela, ce nest pas une « idée reçue », cest la réalité.

     

    Si lattachement aux origines est légitime, il est vite insupportable quand il revêt une forme ostentatoire, vite hostile. M. Gaudin a su dire à une certaine époque : « ça ne nous plaît pas ». Aucune « idée reçue » là-dedans, mais plutôt ce que lon appelle le « sens commun »

     

  • La machine infernale ?

     

    « Craignez-vous que le conflit syrien dégénère en 3e Guerre mondiale ? », cestla question, pertinente au regard de la mécanique du déclenchement des deux premiers conflits mondiaux, posée par Le Figaro aux lecteurs de son éditionélectronique.

     

    On se rappelle M. Hollande à la tribune de lONU : « Assad est à l'origine du problème, il ne peut pas faire partie de la solution » - niant ainsi que la lecture« démocratique » de lembrasement du Proche-Orient ait fait long feu. Aveuglés par le fantasme ridicule du « printemps arabe », MM. Juppé et Fabius ont fourvoyé la diplomatie française dans un soutien stupide à une prétendue opposition « libre » au régime de Damas. Or, les « groupes rebelles affiliéàlArmée syrienne libre » (Le Monde) sont devenus, de facto, au sein dune« Armée de la Conquête » les alliés objectifs des djihadistes salafistes dAl-Nosra et Ahrar Al-Sham, ouvertement financés par les monarchies sunnites du Golfe et en partie aidés par la Turquie, elle aussi sunnite.

     

    Tous les ennemis de M. Assad sont donc sunnites, à commencer bien entendu par les combattants de lEtat islamique. Il ne faut pas sen étonner. En effet, quels que soient les excès de son régime (mais lequel, dans la région - et ailleurs -, peut se targuer d’être « innocent » ?), M. Assad a maintenu une forme de coexistence fondée sur la protection des minorités et trouvé un soutien indéfectible dans lIran chiite. Le conflit actuel ressemble donc furieusement à un affrontement de type religieux entre les frères ennemis et irréconciliables de lIslam.

     

    Lintervention brutale mais efficace de la Russie a dabord le mérite de donner indirectement raison à tous les politiques qui, en France même, pensent que M. Assad fait partie de la solution. Par exemple à M. Védrine, lequel dénonce dans toute approche exclusivement morale lorigine de « l’échec de la stratégie occidentale » et prône une alliance pragmatique avec Damas contre « Daesh ». Ou encore à M. Chevènement, plus radical dans ses propos :  « L'élimination dAssad ouvrirait les portes de Damas à Daech ». Cela dit, lengagement russe pourrait bien nous impliquer dans une conflagration apocalyptique par le simple jeu de lengrenage des alliances.

     

    Signe inquiétant en effet : la sur-réaction de la Turquie et de lOTAN aux formes prises par les frappes russes. En fait, la Turquie (et, derrière elle, laxe sunnite tout entier) voit dun très mauvais oeil s’éloigner la perspective pourtant promise dun renversement de M. Assad et pourrait pousser ses alliésà une sorte de surenchère démagogique. Il est donc urgent de signifier que notre seul ennemi dans la région est lEtat islamique (à qui dautre pourrait sadresser lallusion de M. Hollande à la légitime défense ?) et que MM. Poutine et Assad - dont les autres objectifs ne constituent pas une menace pour la France, ni même pour ses alliés - doivent être considérés comme des partenaires. Sinon…  

     

  • Les mots et les choses

     

    M. Tin préside le Conseil Représentatif des Associations Noires de France, créé en 2005, dont le dernier communiqué (1er octobre) prétend qu’ « il y a en France au moins trois siècles de présence noire ». Pour sa part, Mme Ernotte, présidente de France Télévisions, déclare, fin septembre : « On a une télévision d'hommes blancs de plus de cinquante ans ». Passons sur les aspects contestables de ces deux déclarations. Le CRAN nayant pas étéinterdit et Mme Ernotte pas révoquée, on peut - on doit - penser quexistent bel et bien des « Noirs » et des « Blancs ». Ce nest donc pas cette réalité qui pose problème à certains mais plutôt laffirmation récemment réitérée que la France « est un pays de race blanche », sans quon ait bien compris si cest le substantif « race » ou ladjectif « blanche » - ou les deux - qui font scandale. 

     

    Il est vrai que, si elle cherchait à faire parler delle, Mme Morano a réussi. En tirera-t-elle quelque bénéfice politicien ? Cest moins sûr car la voici convoquéà ce que M. Finkielkraut appelle le « tribunal de lantiracisme ». Or le microcosme politicien et médiatique reste solidaire dans ses fondamentaux. Haro, donc, sur le baudet ! Des faux culs de la droite dite républicaine« fréquentable » égérie : Mme Kosciusko-Morizet - au dernier carré des chroniqueurs gauchards de France Inter - porte-parole : M. Legrand - lindignation aura été unanime et donc suspecte. 

     

    M. Valls lui-même sest fendu à lAssemblée dune  formule moins ridicule que révélatrice : « Marianne n'a pas de race, pas de couleur ». Il rappelle ainsi, sans doute malgré lui, que lallégorie de la République française na bien entendu aucun rapport avec la France elle-même, bien mieux incarnée par une Jeanne dArc quil serait difficile de représenter autrement que blanche de peau. Nen déplaise à M. Valls, la France nest pas la République, celle-ci n’étant quun régime idéologique auquel celle-là préexiste historiquement et auquel on peut espérer quelle survivra. 

     

    Dun point de vue historique justement, la France est incontestablement un pays « blanc » - pas vraiment concerné par les vagues migratoires avant la moitié du XIXème siècle, vagues de toute façon longtemps « blanches » pour lessentiel. Ce nest quaprès la fin de lEmpire colonial quon a assisté à une importante immigration susceptible de modifier cette caractéristique. Cela dit, personne ne peut nier quil y ait aujourdhui - et dabord dans les outre-mer - de nombreux Français qui ne sont pas « blancs ». Mais, dans limpossibilité de connaître leur nombre avec précision, vu linterdiction des statistiques ethniques, le simple bon sens incline à penser que les « Blancs » restent largement majoritaires.  

     

    Dès lors, parler d’ « un pays de race [mot en usage]  blanche » na rien de scandaleux et ne saurait, de toute façon, supposer aucun racisme honteux et rampant. Dautant que, contrairement à sa voisine germanique, la France nest pas de tradition - toujours lHistoire - mono-ethnique. Après tout, une nation, cest dabord, comme le rappelle M. Zemmour, « une histoire et un passé en commun ». Etre français ce nest pas forcément être blanc mais cest certainement revendiquer cet héritage de mille cinq cents années.  •

     

  • Une ténébreuse affaire

     

    Pour les uns, Volkswagen pèse dun tel poids dans un secteur « structurant »de l’économie allemande que des conséquences déstabilisatrices incalculables sont à craindre - pour la firme dabord, pour lAllemagne ensuite, pour lEurope enfin. Pour les autres, tout cela va peu à peu se résorber avec le temps et laide du système judiciaire américain : VW est touché, mais loin d’être coulé.

     

    « Ça touche quand même à lidentité allemande » : M. Calvi (France 5) ne croit pas si bien dire. « Limage de respect des règles qui est souvent associéà lAllemagne est une illusion » renchérit M. Duval, économiste patenté, qui se plaîà rappeler les nombreux exemples de comportements pour le moins« indélicats »de personnalités et entreprises allemandes ces dernières décennies. Nous le savions, maintenant plus personne nen doute : lAllemagne, parangon de vertu et de morale, et les Allemands sont comme tout le monde. Il ne faut ni sen étonner, ni sen réjouir, ni en être scandalisé - il faut faire avec. « Cest rassurant, les Allemands sont comme les autres » dit même de façon plaisante M. Daniel, autre économiste patenté. Parfois, dirait-on, plus naïfs que les autres : se refusant à investir dans un nouveau moteur aux normes, jugé trop coûteux, la firme a eu la légèreté de croire quelle pourrait tromper longtemps des contrôleurs américains particulièrement inquisitoriaux.  

     

    Le fait est quon sait maintenant que les autorités américaines se doutaient de quelque chose depuis un certain temps - on fait remonter la fraude à 2008. De là à penser quen laissant faire, elles ont attendu le moment opportun pour que le coup soit plus rude (amende de dix-huit milliards de dollars !) pour un concurrent direct de lindustrie automobile localeVoilà qui conforterait la thèse du « soft power ». Certes, les normes américaines sappliquent aussi aux nationaux, mais il faut bien constater quelles sappliquent avec un zèle tout particulier aux étrangers - parfois même avec une bonne dose de mauvaise foi (comme la montré lamende infligéà BNP-Paribas). A quoi bon pourtant reprocher aux Américains, par ailleurs champions du libéralisme mais aussi du capitalisme concurrentiel, de défendre bec et ongles leur pré carré ? Eux aussi sont finalement comme tout le monde et il faut faire avec. 

     

    Cela suppose cependant un peu de bon sens et de réalisme politique. M. Chevènement dénonce avec raison la stratégie impériale d’ « inféodation » des Etats-Unis, inféodation qui, outre limposition de normes et mesures en matière commerciale et industrielle, sappuie déjà sur lespionnage à très grande échelle pratiqué par la N.S.A. et sappuiera demain sans doute sur un traité transatlantique de libre-échange rien de moins que léonin… Les Américains - les Allemands aussi - sont certes nos partenaires, voire nos alliés, mais nayons pas la naïveté de les prendre pour ce quils ne sont pas : quelle que soit sa forme, quel quen soit le domaine dapplication, leur« nationalisme » reste évident et, sil est une leçon à tirer de laffaire VW, cest  quil faut défendre ses propres intérêts sans état d’âme mais intelligemment.  •

  • PAS PLUS MAIS MIEUX

     

    Alors que le chaos migratoire se propage dans les Balkans, on peut se demander qui contrôle quoi que ce soit dans lEurope de Schengen - dont lincurie est manifeste. Devant la montée de la grogne des opinions publiques et les désaccords de fond au niveau le plus élevé, un sommet européen« extraordinaire » est prévu ce mercredi 23 pour faire accepter le principe des quotas dans la répartition des « réfugiés ». Ce sommet permettra sans doute de trouver un de ces compromis boiteux et dilatoires dont lU.E. a le secret : tout est possible, rien nest réglé. Mais on envisage aussi daider Turquie, Liban et Jordanie à gérer leurs camps de réfugiés, de créer aux frontières extérieures de lUnion des centres de tri pour repérer les migrants économiques et dorganiser le retour de ces derniers dans leurs pays. On voudrait donc parquer, discriminer, exclure. Beau et humaniste programme - mais scepticisme de rigueur : dommage, car on pourrait sen inspirer pour traiter le problème de limmigration en général.

     

    Le vrai problème en effet, en tout cas pour la France, est que cet afflux, hélas trop prévisible, dimmigrés proche-orientaux, survient après des dizaines dannées dune immigration folle qui a vu sinstaller, de façon régulière ou clandestine, des millions d’étrangers extra-européens pas forcément désirables - même si ce nest pas le cas de tous, il faut le reconnaître. Certains ont éténaturalisés, beaucoup ont eu de nombreux enfants, nés ici et bénéficiant donc du droit du sol, mais qui doivent être comptabilisés si on veut vraiment prendre en compte les réalités. Du coup, même sils « valent » beaucoup mieux que la plupart de leurs prédécesseurs, ces vingt-quatre mille Syriens sont un peu la goutte deau… Le vase est plein. Une première condition à toute immigration réussie est en effet quelle soit quantitativement acceptable : les bornes ontété franchies, non possumus.

     

    Il est vrai que lEurope est coupable. Coupable d’être tout à la fois une maison de retraite (à cause du vieillissement de sa population) et une armée du salut (à cause de son humanitarisme compassionnel psychotique). Il est peut-êtreécrit que certaines des nations qui la composent, en pleine décadence, sont entrées en agonie. Peut-être; mais peut-être seulement, car un sursaut et une renaissance ne peuvent être totalement exclus. Ce dont on doit être sûr, cest que cela ne passera pas par lUnion, mais se fera contre elle. Car, sur le plan politique, le problème de lEurope, cest« lEurope » - le même nom désignant abusivement deux réalités bien différentes : celle-ci, vaste marché économique, sans âme, dans lequel ne peut se reconnaître aucun pays, ni aucun Européen; celle-là, façonnée par les millénaires de lHistoire et dont il est facile de dire qui en est et qui nen est pas.

     

    Ce nest pas plus dEurope quil faut, cest mieux dEurope : une Europe qui commence par saimer elle-même, à travers ses diversités culturelles et nationales au lieu de bader les « barbares ». Une Europe sûre de ce quelle est et qui nen accueillera que mieux les immigrés quelle voudra bien accueillir.  

     

  • Lignes de partage

     

    On pouvait sen douter, la « fête de lHuma » été loccasion pour certains (communistes, écologistes, gauchistes, etc.) de ranimer la flamme, purement électoraliste, dune gauche extrême, cest-à-dire marxiste - à lexemple de l’étranger (Grèce, Espagne, bientôt Grande-Bretagne). Cette tendance lourde de la vie politique française risque fort cependant, dans lactuel contexte sociologique de « droitisation des esprits », de se ramener à une sorte d’épiphénomène. Mais son argumentation reste recevable : le clivage droite-gauche « classiques », toujours opératoire sur le plan du fonctionnement des institutions, semble avoir vécu sur le plan idéologique, comme le montre linsignifiance de ce qui sépare les deux « partis de gouvernement » (les socialistes et les « républicains »).

     

    Plus atypiques sont ces récentes manifestations de convergence transversale, directes ou indirectes, entre certains acteurs de la vie politique qui ont comme point commun une méfiance certaine, voire une hostilité déclarée, à l’égard de leuro-mondialisme : MM. Sapir, Mélenchon, Chevènement, Dupont-Aignan… sans oublier Mme Le Pen. Ainsi, M. Sapir, économiste issu de lextrême-gauche et farouche contempteur de la monnaie unique en appelle, contre celle-ci, àune sorte daxe qui, de gauche àdroite - et jusquau F.N. - permettrait de« marcher séparément, mais frapper ensemble ». Plus politique, M. Chevènement assiste à luniversité d’été de « Debout la France », après avoir souhaité explicitement « un dialogue de Mélenchon à Dupont-Aignan ». M. Mélenchon, justement (paradoxe pour quelquun qui a participé à la fête communiste ?), ne cesse de répéter (France 5, « C Politique », dimanche 6 septembre) : « je choisis la France ».

     

    On eût aimé que MM. Valls et Hollande reprissent à leur compte lanaphore mélanchonienne. Mais le calendrier confirme qu’à propos des « réfugiés » ils se sont couchés (sans aucun doute volontiers) devant les exhortations, les injonctions et les menaces des « autorités » du Vieux Continent : du pape François (demandant à « chaque paroisse » daccueillir « une famille ») au président de la Commission européenne (exigeant - « Ceci doit être fait de façon obligatoire »- que lEurope reçoive immédiatement cent soixante mille personnes) en passant par Mme Merkel (imposant lintérêt allemand par un nouveau diktat). En fait, Paris na rien décidé, Paris est tout ce quon veut (papiste, euro-mondialiste, allemand) sauf français. Paris a, dans cette affaire, abdiqué sa souveraineté.

     

    On peut être sceptique sur l’émergence dun « front souverainiste », lequel pourrait bien se réduire, au mieux, à des rapprochements politiciens tactiques purement ponctuels. On peut malgré tout considérer que, sur le plan de la pensée politique, une nouvelle ligne de partage, motivée par lessentiel, passe de façon de plus en plus évidente par le critère souverainiste - et son corollaire, un nécessaire Etat jamais trop fort dans ses prérogatives régaliennes.  

  • Prêchi-prêcha

     

    La déferlante migratoire qui sabat sur lEurope, mêlant dans un flux continu prétendus réfugiés politiques et authentiques fuyards économiques - quil est vain de vouloir distinguer puisquau bout du compte tous restent -, oblige àjeter les masques. Mme Merkel, au nom dune Allemagne toujours dans lexcès dune repentance qui ne regarde quelle, veut accueillir près dun million de personnes et créer par là même les conditions dun cataclysme désormais annoncé. Et M. Hollande de faire sienne la proposition allemande de quotas« obligatoires ». LUnion dévoile ainsi un peu plus son véritable visage, autoritariste et bientôt inquisitorial. Il suffit de voir comment sont traités ceux qui prétendent résister, non seulement les pays dits « de lEst » (Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie), mais aussi la majorité des Français dont on stigmatise quotidiennement dans les médias « le coeur de pierre »(lexpression est de M. Aphatie, journaliste).

     

    Cest quon a des valeurs, voyez-vous. Tous nous jouent désormais la même musique - de M. Valls à Calais invoquant « les valeurs de la République » à M. Fabius faisant la leçon aux Hongrois sur « les valeurs de lEurope ». Cest oublier que nous nous devons dabord de respecter, au nom de tous les morts de ce pays et de tous les vivants à venir, le principe même de notre existence, laquelle passe par la défense de ce que nous sommes. Personne ne nous convaincra jamais qu’« accueillir » en Europe des centaines de milliers, voire des dizaines de millions, d’êtres totalement « étrangers » à lhistoire et à la culture européennes ne nous fait pas courir un danger mortel.

     

    Une telle politique dimmigration massive est dailleurs menée sciemment en France depuis des décennies, pour diluer lessence même du pays. Aujourdhui ce même pays, qui nen peut mais, semble vouloir se refermer. Sursaut protecteur : comment ne pas être effrayé en effet par ces centaines de Syriens musulmans hurlant « Allah akbar » sur les quais de la gare de Budapest ? Pourquoi ces gens-là ne bénéficient-ils pas dune exfiltration dûment organisée vers un des « pays frères » du Golfe où il y a de largent et de la place ? De plus, que penser de ces « réfugiés » qui ont programmé leur installation dans tel ou tel pays, faisant de lEurope non une terre dasile mais un libre-service ?

     

    Le rôle du politique nest pas de donner dans la sensiblerie ambiante, comme celle quexploitent de façon éhontée certains médias avec la photo de cet enfant syrien retrouvé noyé. Le rôle du politique est davoir la lucidité et le courage de choisir lintérêt de la France, voire de lEurope. Non seulement il ne faut pas faiblir avec les Allemands mais il faut, dans un sursaut souverainiste, déclarer que limmigration en France ne saurait être quune démarche individuelle, pour le coup contingentée, non un phénomène massif et communautariste. Faute de quoi, la réalité des pays dont on senfuit (misère ou guerre civile) nous infectera sur notre propre sol - et le rappel incantatoire des « valeurs » paraîtra alors bien vain. Il ne sera que ce quil est : un prêchi-prêcha veule et mortifère.  

  • Le péché originel

     

    Lundi 29 juin, M. Juncker, président de la Commission européenne, semble effondré : « En une nuit, en une seule nuit, la conscience européenne en a pris un sacré coup ». Vendredi 4 juillet, M. Guetta, géopolitologue patenté de France Inter, se demande si « la pérennité même de lUnion » nest pas en cause. Quelles quen soient les suites immédiates, les événements qui, du fait de la crise grecque, agitent la zone euro, servent - enfin - de révélateur. Tout le monde sait que la Grèce a « triché » mais tout le monde admet désormais que jamais la Grèce ne pourra rembourser ses créanciers. Dans un accès de réalisme froid, M. Strauss Kahn déclare quil faut effacer la dette grecque, cest-à-dire au fond la « passer » en négatif : après tout, elle ne pèse pas grand chose dans le total des dettes cumulées des autres membres de la zone.

     

    Pourtant, « acter » lannulation de la dette grecque ne serait pas sans risque. Quelle serait alors lattitude des autres pays endettés ? Ce qui se passe en Grèce pourrait bien se reproduire ailleurs, dans des proportions autrement dévastatrices. Augmentation, à la carte, des taux dintérêt cest-à-dire, de façon mécanique, de lendettement des uns et des autres. Donc, effet domino : à qui le tour après la Grèce ? Obligation, sans doute, pour la B.C.E de soutenir certaines banques ou « institutions » par des émissions de monnaie, ce qui, en période de faible croissance, ressemble fort à de la « cavalerie »: on serait loin alors de lorthodoxie financièreCertains diront que cest ce que font les Etats-Unis quand ils le jugent bon. Mais les Etats-Unis peuvent le faire car ils détiennent la force politique et militaire qui leur permet dimposer leurs intérêts financiers au reste de la planète - ce qui nest pas le cas des Européens

     

    Le péché originel des idéologues européistes - naïveté ou incohérence, peu importe - aura été de bâtir lEurope sur la monnaie et, par voie de conséquence, sur la finance, une finance par définition mondialiste et qui ne cherche que le gain. Dailleurs, quand on prête pour se faire payer les seuls intérêts dune dette, cela est pire que lusure. Linfernale spirale de la dette menace en fait ainsi demporter lun après lautre des pays qui sessoufflent en vain pour suivre le rythme allemand. Imposer une monnaie unique à des pays dune trop grande disparité sociale et fiscale, le faire par ailleurs sans que cette monnaie  sappuie sur un Etat souverain, quelle gageure !

     

    En mésestimant, voire en niant, les fondamentaux de lEurope - la géographie, lHistoire, la culture, la religion, etc. - les apprentis sorciers de l« Union » ont fourvoyé les pays européens dans une impasse. Il fallait commencer par mettre laccent sur tout ce qui nous réunit - et, de fait, nous distingue des autres. La vraie Europe, la seule qui soit envisageable et souhaitable, réunira des peuples, des pays, des nations - tous représentés par des Etats. Il faudra tout remettre à plat et re-commencer par le commencement.  

  • Et si l’Islam était « insoluble » ?

     

    M. Valls souhaite, après tant dautres, avoir un interlocuteur représentant de « lislam de France », de façon à pouvoir organiser les rapports que lEtat doit entretenir avec ce dernier. Mais ce nest pas si simple. Certains évoquent à ce sujet deux précédents : celui de Napoléon qui, en 1806, a pu établir, grâce à la création du Consistoire, un nouveau modus vivendi avec le judaïsme; et celui, plus connu, de la loi de séparation des Eglises et de lEtat de M. Briand, un siècle plus tard. Mais lislam, en France, nest pas le judaïsme, religion très minoritaire et présente depuis toujours dans diverses provinces. Il est encore moins le christianisme dont il na pas la légitimité historique et culturelle. 

    Une « instance de dialogue avec lislam de France » réunit donc, sous la houlette de M. Cazeneuve, les prétendus représentants des cinq millions (?) de membres de la « deuxième communauté confessionnelle » du pays. On y parle de tout ce qui peut caresser ladite communauté dans le sens du poil - comme la construction projetée de trois cents (!) mosquées. Et pour se garder de toute « stigmatisation », on ne parle pas, surtout pas, de ce qui pourrait la fâcher (radicalisation, provocations, attentats). Interrogé à ce sujet, le ministère répond benoîtement : « Nous avons estimé que ce serait un mauvais message adressé aux Français et à la communauté musulmane ».  

    A celle-ci, peut-être; à ceux-là, certainement pas. En effet, que MM. Valls et tous les politiciens et idéologues de ce pays le veuillent ou pas, lislam est ressenti par une majorité de « Gaulois » comme un corps étranger, inquiétant et dangereux - son émergence massive sur le territoire métropolitain étant trop récente, trop brutale, trop liéà des problèmes de désordre, dinsécurité, de terrorisme.  

     

    Mais la faute de M. Valls est dabord de partir dun a priori idéologique : la France laïque doit porter le « message » en Europe et dans le monde d'un islam « compatible avec la démocratie et la République ». Quelle naïveté ! il est douteux que lislam se renie au point daccepter que la religion, en loccurrence musulmane, ne soit considérée que comme une simple affaire individuelle de conscience. 

     

    M. Godard, haut fonctionnaire au ministère de lIntérieur jusquen 2014, montre, dans La question musulmane en France, que l'islam est devenu « un régulateur social sur notre territoire ». M. de Montbrial dénonce, preuves à lappui, dans Le sursaut ou le chaos « l’état de communautarisation avancé de notre société » qui fragilise la cohésion nationale, la radicalisation de milliers de jeunes Français partis ou en partance pour le jihad et, surtout, le « risque réel » de guerre civile dont nous menacent ces ennemis de leur propre pays. 

    Ce sont moins les individus qui sont en cause que la revendication de lappartenance à une communauté dont les « valeurs » et les finalités ne sont pas tout à fait compatibles avec celles de la France.  •

  • L’Algérie, ça reste un beau pays ?

     

    François Hollande et son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika saluent la foule massée dans le centre d'Alger pour l'arrivée du chef d'État de l'ex-puissance coloniale, le 19 décembre 2012. PHOTO PHILIPPE WOJAZER, AFP

     

    Les relations économiques et politiques entre la France et lAlgérie seraient excellentes. A preuve, le nombre trèélevé (7000) dentreprises françaises qui travaillent avec lAlgérie ou la coopération bien réelle dans le traitement de la lutte anti-islamiste en Afrique (sub)saharienne. Le quotidien El Watan se plaît dailleurs à citer les propos de M. Émié, Haut représentant de la République française en Algérie, lequel fait état dune grande « proximité historique et humaine » entre deux pays dont les « relations politiques [] nont jamais été aussi bonnes ». Ce qui est sûr, cest que le voyage de M. Hollande aura eu le mérite dafficher clairement quexiste bel et bien une certaine relation entre lAlgérie et la France. Pour le reste

     

    A la tonalité quasi béate des propos du chef de lEtat à Alger répond le sombre tableau de lAlgérie brossé par M. Lugan (L.F.A.R. du 16 juin). On peut difficilement nier la triste réalité : une jeunesse nombreuse et désoeuvrée, un peuple pauvre dans un pays riche, une économie fondée sur les seules ressources gazo-pétrolières, un islam-isme qui pénètre toute la société, un système opaque tenu par militaires et oligarques, etc. Et, comme le prédit, sans risque aucun de se tromper, M. Zemmour sur les ondes de R.T.L.« la cocotte minute explosera ». Et ce jour-là, la France risque de payer - encore - non seulement ses reculades et atermoiements continuels mais surtout son acoquinement conjoncturel avec un régime honni, là où il aurait fallu traiter uniquement dEtat à Etat, sans introduire de considérations idéologiques ou partisanes, comme le fait continuellement la gauche française.

     

    Le problème pour nous, Français, est que rien de ce qui touche lAlgérie ne peut, par la force des choses, nous être indifférent. Sur le plan intérieur dabord. On ne peut faire comme si nexistait pas en France même une très (trop?) nombreuse « communauté » de personnes qui se reconnaissent dans lAlgérie. Algériens, Franco-Algériens, Français par droit du sol, combien sont-ils, sur le territoire français, toujours prêts, dans leur majoritéà se mobiliser autour de tout ce qui, de près ou de loin (un match de football, une élection, des événements sanglants,  etc.), touche « leur » mère-patrie ? Peut-on  raisonnablement penser que les tensions voire les affrontements trop prévisibles doutre-méditerranée nauront pas, chez nous, des répercussions violentes ?

     

    On ne peut, par ailleurs, faire comme si lHistoire navait pas existé et si la position géographique de lAlgérie pouvait nous être indifférente. Le coeur peut-être, la raison sûrement nous commande(nt) de nouer des liens solides. Dailleurs, lAlgérie elle-même aurait beaucoup à (re)gagner à sentendre profondément et durablement avec la France. Comme ses voisins du Maghreb, elle est dores-et-déjà soumise à une formidable pression islamiste, toujours susceptible de dégénérer en islamo-terrorisme. Comme ses voisins du Maghreb, elle sera forcément victime de lexplosion démographique des pays dAfrique Noire via les flux migratoires du XXIe siècle.

     

    Si, comme le dit la chanson (Serge Lama, 1977), « lAlgérie [ça reste un beau pays », il faudra sans doute encore beaucoup de temps pour quelle devienne au moins un partenaire crédible, au mieux un allié fiable.  

     

  • Idéologie mortifère

     

    En géographie, rien ne vaut une bonne carte. Celle de lactuel Proche-Orient est explicite : lEtat Islamique contrôle désormais un vaste territoire à cheval sur Syrie et Irak. Sa progression est si rapide que certains le voient déjà aux portes de Damas et de Bagdad. M. Lévy propose maintenant darmer les Kurdes« pour casser les reins de Daesh ». Du fait même quil est tout à fait improbable, car on voit mal la Turquie laccepter, ce scénario illustre bien lirréalisme et par conséquent l’éventuel pouvoir de nuisance des idéologues qui gravitent autour du pouvoir. 

    Sur le terrain, lEtat islamique profite au mieux des contradictions dans lesquelles sont empêtrés ses ennemis coalisés. Le fiasco de la toute récente Conférence de Paris ne peut que les conforter : incapables de se mettre daccord sur quoi que ce soit, hormis sur lacceptation du fait sunnite (Turquie, Qatar, Arabie Séoudite), les membres de la coalition - dont la France - ont acté le statu quo, cest-à-dire lacceptation pure et simple de lavancée pour linstant irrésistible des troupes de lEtat islamique et de linstauration sur les territoires quil contrôle dun début dadministration en bonne et due forme. Non seulement aucune décision sérieuse naura été prise mais, comble du ridicule et de limpuissance assumée, les membres de la « coalition »sinterdisent lusage des armes chimiques dites « incapacitantes » pour ne pas contrevenir à une recommandation de lONU.

     

    Existe pourtant bien la possibilité de contrebalancer le poids dangereux de lalliance sunnite par celui de lIran et de ses « clients » chiites, seule force capable, à ce jour, de sopposer au sol aux troupes de « Daesh ». Mais, au vu de ses ambitions nucléaires, lIran constitue, paraît-il, une grande menace. Pis : il est de fait allié de MM. Assad et Poutine, chacun étant persona non grata - et aucun des deux présent à Paris. Voilà bien la véritable faute du pouvoir socialiste, digne continuateur en cela de son prédécesseur : que lapocalypse sabatte sur la région plutôt que de « reconnaître » un quelconque rôle à M. Assad car le faire serait renier les idéaux démocratiques du feu printemps arabe. 

     

    Lincendie géopolitique qui a pris naissance avec la déstabilisation de la région en Irak puis en Syrie risque fort, à terme, de déboucher sur la reconfiguration complète dune région aux frontières jusque là héritées de la période des mandats. Si les choses continuent, il ny a dailleurs pas de raison que Le Liban et la Jordanie échappent au cataclysme. Ce que constate M. Zemmour quand il dit qu’« un nouveau Moyen-Orient est en train de naître dans le sang et la fureur » R.T.L., 21 mai). Sil devait advenir que lEtat islamique sinstallât pour durer, il faudrait alors bien en tenir compte et « reconnaître » le fait accompli. 

     

    Cest à cela que conduit lidéologie mortifère de MM. Fabius et Lévy. Il nest cependant pas interdit de penser que rien nest encore définitif.  

     

  • Selon que vous aurez nom et couleur de peau…

     

    Lundi 11, M. Sarkozy dénonce « la médiocrité » de Mmes Taubira et Belkacem.Réaction immédiate sur les ondes de R.T.L. et B.F.M. de M. Cambadélis, Premier secrétaire du P.S., qui juge cela « légèrement xénophobe » et de M. Sapin, ministre, qui parle de « bas instincts ». Pour eux, M. Sarkozy « a mis dans une même phrase une ministre qui a une couleur de peau et une ministre qui a un nom ». M. Sarkozy serait donc xénophobe. Or, puisquelles sont réputées françaises, ce sont MM. Cambadélis et Sapin qui ramènent ces deux dames à leurs « origines ». On est en droit de soupçonner que, pour eux, certaines personnes, du fait de leur « nom » ou de leur « couleur de peau », sont intouchables - ce qui, pour le coup, ressemblerait furieusement à une approche « ethnique ». En fait, cela porte un nom, cela sappelle la discrimination positive.

     

    Le piquant de laffaire, c'est quen faisant de Mmes Taubira et Belkacem des ministres de premier plan, M. Hollande na fait quavancer dans la voie de son prédécesseur, lequel avait déjà promu des dames issues de « la diversité »(Mmes Amara, Dati, Yade) et en raison même de cette origine, pour bien montrer son esprit douverture et de modernitéQuaujourdhui M. Sarkozy cible principalement Mmes Taubira et Belkacem nest donc peut-être pas tout à fait neutre mais sinscrit à coup sûr parfaitement dans son jeu politicien. Il sait quelles sont dabord là pour ce quelles sont, pour le symbole quelles représentent, malgré leur échec patent et l’échec annoncé des mesures dont elles nous menacent. Il sait aussi que cest pour ce symbole que M. Valls défend bec et ongles ce que M. Bilger appelle « l'idéologie péremptoire de Mme Taubira et l'amateurisme souriant et buté de Mme Vallaud-Belkacem »: le Premier ministre ne rate ainsi jamais une occasion dintervenir, allant jusqu’àrépondre à leur place, lors des questions qui leur sont posées dans lhémicycle.

     

    En fait, et quon le veuille ou non, la fameuse « diversité » pose un problème, et dabord à ceux qui sont directement concernés, ceux et celles qui, pour reprendre les mots de MM. Sapin et Cambadélis, ont « un nom » et « une couleur de peau » : témoin, Mme Rokhaya Diallo, militante associative, qui, àlentendre, veut tout à la fois être reconnue pour ce quelle est mais sans être remarquée… Quon nait pas à sen prendre aux gens pour ce quils sont relève du bon sens et, surtout, du savoir vivre le plus élémentaire. Peu importent les« origines » de Mmes Taubira et Belkacem. Ce qui compte, sur le plan politique, cest le fiasco de leurs ministères respectifs. Le vrai scandale est que cet échec ne puisse être dénoncé sans que certains poussent des cris dorfraie en raison dune « origine » qui, à leurs yeux, devrait leur valoir une sorte dimmunité.

     

    Si on va au bout de la logique de MM. Cambadélis et Sapin, il conviendrait sans doute de judiciariser cette immunité, ce qui équivaudrait ni plus ni moins à la reconnaissance dun véritable privilège que rien ne saurait légitimer.  

     

  • Complexité, subtilité

     

    On ne se plaindra pas que senchaînent les contrats de vente de lavion Rafale. Certains ont dénoncé des contreparties inadmissibles. Le Qatar aurait été ainsi autorisé à  « sinstaller » sur les aéroports de Nice et Lyon; le gouvernement dément mais, si cela était avéré, ce serait une faute grave. On souligne aussi volontiers que ce genre de marché suppose forcément des concessions relevant dun « abandon de souveraineté technologique »; on serait plutôt là dans un dosage de ce qui peut paraître acceptable, dosage qui relève dailleurs du constructeur plus que de lEtat. Sur le plan politique, la France semble bien avoir profité de lattitude américaine dont les revirements, réels ou supposés, non pas toujours été appréciés : par lEgypte dabord, àloccasion du « printemps arabe »; par lArabie saoudite ensuite, depuis le début des événements de Syrie. Si on en reste là, MM. Hollande, Le Drian et Fabius méritent un satisfecit.  

    Mais la politique étrangère ne se ramène pas àvendre des avions. Et vendre des avions ne doit pas nous lier les mains. Sil est encore permis de douter que les Etats-Unis iront au bout dune « alliance de revers »avec lIran, lintérêt géostratégique de la France reste de toute façon de ne rien sinterdire non plus avec la République islamique. Vendre des avions aux monarchies pétrolières du Golfe ne doit pas occulter le rôle détestable que certaines dentre elles jouent dans la région par leur soutien, même indirect ou déguiséàun islamo-terrorisme sunnite à vocation universelle. Or, la présence de M. Hollande au récent sommet du Conseil de coopération du Golfe, organisation économique et militaire de la péninsule arabique, est rien moins quanodine et accrédite lidée dun choix dautant plus paradoxal quil repose, au moins en partie, sur la dénonciation dun « danger iranien » inexistant pour nous. 

     

    Les idéologues « humanistes »à limage de M. Guetta sur les ondes de France Inter, déplorent labsence dans la région dune puissance démocratique, que lon pourrait soutenir sans aucun état d’âme. Double erreur. Dabord, peu nous chaut que les pays du Proche Orient soient, ou pas, des dictatures : la France connaît des Etats, pas des régimes. Ensuite, même complexe, la situation ne nous impose pas (pas encore, tout au moins) de choisir. Faut-il alors considérer comme un moindre mal, conforme àla « realpolitik »(en loccurrence vendre des armes et écarter le spectre nucléaire iranien), la position de MM. Hollande et Fabius ? En fait une « realpolitik » cohérente, cest-à-dire une « politique étrangère fondée sur le calcul des forces et sur lintérêt national » devrait dores et déjà prendre en compte le rééquilibrage régional en train de se dessiner. Nous vendons aujourdhui le Rafale aux monarchies, mais il est probable qu’à moyen terme, la montée en puissance de lIran modifie quelque peu la donne - et pas forcément en mal au regard du chaos actuel. 

     

    Le chef de lEtat et son ministre des Affaires étrangères ne sauraient être de simples commis-voyageurs : ils doivent être capables de « manoeuvrer » dans cet Orient complexe, ce qui demande évidemment un peu de subtilité.  

  • Retour de l’Intelligence ?

     

    Belle unanimité contre le projet de réforme du Collège avec la mobilisation de très nombreux représentants de « l’Intelligence » française : MM. Luc Ferry, Régis Debray, Laurent Joffrin, Pascal Bruckner, etc. Cela fait beaucoup de monde et surtout beaucoup de gens aux arguments pertinents et tous d’accord pour dénoncer « un désastre ». Les principales critiques concernent la mort programmée du latin-grec (mais aussi de l’allemand), une vision a-chronologique et culpabilisante de l’Histoire, et  surtout l’usage d’un galimatias fortement suspecté de masquer la vacuité de prétendus « enseignements ». 

    Cette réaction est certes salutaire. Cest oublier quand même un peu vite que les réformes, réelles ou avortées, se sont succédé depuis mai 68 et que la présente nest quune énième mouture. Mais aussi, et ce nest pas un paradoxe, quelles ont été concoctées sous des ministères de droite et de gauche : les ministres Haby (1975), Jospin, (1989), Bayrou (1993), Allegre (1998), Fillon (2005) et Darcos (2008) ont tous cherché, sans toujours y parvenir, à laisser leur empreinte. Une succession de projets et parfois de réformes plus ou moins démagogiques et idéologiques, allant toujours dans le même sens pour lessentiel, la philosophie de base restant denseigner et dexiger de moins en moins, danimer et de faciliter de plus en plus. 

    Même si Mme Belkacem doit lui donner son nom, le projet présenté aujourdhui prend sa source en 2013 (ministère Peillon) : il exprime avec une rare violence la pensée des idéologues fous de la pseudo-pédagogie « moderne » réunis dans le Conseil supérieur des programmes. Les enfants de France sont les premières victimes du mythe de « lEcole de la République » - refondée ou pas. On se fourvoie, ou plutôt on les fourvoie, dès lors quon fixe comme finalité à « l’éducation nationale » la promotion dun citoyen idéal à travers des objectifs comme le  suspect « vivre ensemble » ou lutopique « réussite pour tous ». La dénomination même d’ « éducation nationale » constitue une impropriété dangereuse. Sans revenir à la formulation « instruction publique », mieux vaudrait adopter le terme convenable d’ « enseignement », un enseignement fondé dabord sur une relation inégalitaire assumée maître-élève et sur des programmes justement qualifiés de « fondamentaux ». 

    Mme Polony fait remarquer, dans Le Figaro, que M. Joffrin, directeur de la rédaction du journal Libération, fait partie de ceux qui, selon le mot de Bossuet « maudissent les conséquences des causes quils chérissent ». Mais beaucoup dautres, parmi les contempteurs de Mme Belkacem, sont dans le même cas, dans la mesure où ils prétendent conjuguer, de façon contradictoire, certaines des « valeurs » de Mai 68 et les exigences dun enseignement digne de ce nom. On peut pourtant penser que le tollé provoqué par le nouveau projet est sans doute un signe, un de plus, donc la confirmation, dune prise de conscience de nombreux intellectuels : cette réaction des intelligences préfigure même peut-être le grand retour de lIntelligence. •  

     

  • No Way

     

    C’est dans la nature des choses : la succession ininterrompue de « tragédies humanitaires » en Méditerranée provoque, dans le petit monde du politiquement correct, une indignation croissante et militante. Mieux vaudrait commencer par les causes : le chaos régional, aggravé, sinon créé, par d’intempestives interventions militaires « occidentales »; la poussée islamiste, qu’elle soit conjoncturelle ou structurelle; la misère paradoxale d’une Afrique noire dont la population croît très (trop ?) vite; mais aussi l’idéologie humanitariste et droit-de-lhommiste qui imprègne l’Europe et la fait apparaître comme un eldorado. 

    Pour l’instant, la sourde hostilité que l’on sent monter un peu partout dans les opinions publiques européennes, semble contenir les velléités des dirigeants politiques. Le bon sens le plus élémentaire commande en effet de ne plus accabler des pays déjà trop généreux mais dont la situation socio-économique est plus que préoccupante. On se propose donc, au plus haut niveau de l’Union européenne, de prendre des mesures de lutte contre le trafic humain, d’attaques ciblées de bateaux, de dissuasion des migrants et…de meilleur accueil des réfugiés. Mais, outre qu’il est contradictoire de continuer à rendre attractive une immigration dont on voudrait par ailleurs tarir la source, l’ensemble est assez irréaliste, dans la durée, pour une union de façade, sans armée et sans  politique étrangère commune. 

    En fait, les pays qui se sentent - et qui sont - menacés sont ceux qui bordent la Méditerranée. Pour ceux-là, et donc pour la France, ce ne sont pas des décisions bruxelloises qui régleront le problème. Il conviendrait plutôt de conclure, au plus vite, des accords de défense d’une grande fermeté avec les Etats du pourtour méditerranéen, européens mais aussi non européens. En effet, les pays d’Afrique du Nord sont les premiers exposés à l’explosion du phénomène migratoire actuel. Pour la France, ce serait une belle opportunité de resserrer ses liens avec le Maroc et la Tunisie, et - pourquoi pas ? - de renouer enfin avec l’Algérie - sur la base d’un intérêt et d’un avenir communs évidents. 

    Il est vain de se poser la question des responsabilités. Le pouvoir politique n’a pas à s’assigner des objectifs moraux. Aider ? Peut-être, mais dans la mesure du raisonnablement possible et certainement pas au détriment de notre sécurité et, à terme, de notre existence même. « Vous ne ferez pas de l'Australie votre maison »: le message adressé par les autorités australiennes aux envahisseurs potentiels est clair, les résultats évidents. Certes, dans ce cas, la géographie facilite bien des choses. Il nous faudrait cependant faire preuve de la même volonté politique. On pourrait commencer par l’abolition du « protocole compassionnel » dénoncé par M. Camus dans Boulevard Voltaire : « Vous voulez en finir avec l’hécatombe en mer ? Traitez les flottes qui se présentent pour ce qu’elles sont : les instruments d’une invasion. » No way !