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Open Bar

 

Voici donc M. Cahuzac condamné à trois ans de prison ferme. Pour justifier la différence de traitement entre les ex-époux Cahuzac, Madame n’ayant écopé que de deux ans alors qu’elle a été partie prenante de la fraude, on parle de « jugement pour l’exemple ». Et tout le monde d’applaudir. Même, et surtout, à gauche où on veut garder les mains propres, oubliant un peu vite qu’ils sont des dizaines et des dizaines (pas seulement au PS, d’ailleurs) à avoir été condamnés ou pris au moins en flagrant délit de faute. La semaine dernière encore, le nouveau ministre de l’Intérieur, M. Le Roux faisait mettre en ligne un C.V. « arrangé » dans lequel il était présenté comme ancien étudiant de l’Essec et de HEC. Ce n’est pas bien grave, dira-t-on, puisque Mme Taubira, une autre pointure tout de même, a pu laisser croire qu’elle avait obtenu des doctorats… fantômes. Tartufferie.

Cependant l’honneur semble sauf chez les socialistes puisque, telle une victime expiatoire mais consentante, M. Hollande a renoncé à être candidat, enfin conscient que, pour l’essentiel, ses promesses (« Moi, président ») n’ont pas été tenues et qu’il en avait donc menti, lui aussi les yeux dans les yeux, à tout le peuple français. Sauf que ce renoncement pourrait bien lui avoir été imposé par son ex-Premier ministre, immédiatement traité de Brutus par certains, ce qui paraît quelque peu grotesque, mais qui justifierait, à l’approche de la primaire socialiste, le mot d’ordre « Tout sauf Valls ». On voit l’ambiance. Sans doute soucieux de rehausser le niveau, M. Cambadélis vient de limiter les candidats de sa primaire à sept au motif que « ce n’est pas open bar ». Mais avoir choisi l’appellation « Belle Alliance » est peut-être prémonitoire, sachant que Belle-Alliance est un des endroits où s’est déroulée la bataille de Waterloo…

En tout cas, l’heureux élu de ladite alliance ne manquera pas d’adversaires. C’est même la cohue. Ils étaient sept à la primaire de la droite (et du centre, paraît-il). Il devait n’en rester qu’un. Or les voici au moins trois issus des « Républicains », Mme Alliot-Marie et M. Guaino se proposant de concourir à côté de M. Fillon. Sur leur droite à tous, M. Dupont-Aignan et Mme Le Pen. La gauche ne sera pas en reste. Sont d’ores et déjà en lice, MM. Mélenchon (la gauche de la gauche) et Macron (la droite de la gauche - on est prié de suivre), sans oublier les ineffables mais inévitables trotskistes (deux, trois, tous ?) et l’écologiste de service. Il y aura aussi quelques farfelus et représentants de micro-partis et peut-être d’autres, qui ne se sont pas encore déclarés, surtout au centre du centre, comme M. Bayrou. Voilà qui fait du monde et donne raison à un certain James Freeman Clarke, lequel écrivait dès le XIXe siècle : « La différence entre le politicien et l’homme d’Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération. »

L’élection comme raison d’être du politicien. L’« open bar » comme aboutissement inéluctable de la démocratie. Pourrons-nous tomber plus bas ?

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