Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Idées reçues et sens commun

     

    Les récentes statistiques de lInsee sur les migrations ont tout de suite été exploitées par une certaine presse soucieuse de dénoncer le « fantasme dune subversion migratoire » véhiculé par les tenants du « Grand Remplacement ». Les titres sont éloquents : « LInsee bouscule les idées reçues sur limmigration » (Le Monde), « Les immigrés quittent de plus en plus la France »(Libération), etc. On veut donc maintenant nous convaincre, graphiques à lappui, que limmigration nest au fond quun phénomène marginal et en régression. M. Hollande déclare ainsi que « ceux qui prétendent que nous serions envahis sont des manipulateurs, des falsificateurs, qui le font pour des raisons purement politiques, pour faire peur » : il parle, en loccurrence à juste titre, des vingt-quatre mille Syriens mais il sait bien, en bon politicien madré, que ses propos auront une portée plus large.

     

    Or, les statistiques de lInsee ne prennent pas en compte lintégralité du phénomène migratoire en France. On ne peut faire abstraction de ces dizaines (ces centaines ?) de milliers de clandestins qui entrent et restent en France avec la bénédiction conjointe des églises, du patronat et de la gauche. On doit aussi intégrer le fait que limmigration a changé de nature il y a une quarantaine dannées. Cest en effet en 1976 que le regroupement familial fut rendu légal (chef de lEtat : M. Giscard dEstaing, Premier ministre M. Chirac), lequel regroupement familial, conjugué au droit du sol, a transformé une immigration post-coloniale jusque-là quantitativement raisonnable, et par là comparable à celles qui lavaient précédée, en une déferlante. Les clandestins et les conséquences démographiques du regroupement familial, ce nest pas une « idée reçue », cest la réalité.

     

    Le même Insee avait dailleurs déjà publié des statistiques concernant « les descendants dimmigrés ». On sen doutait  : ceux-ci seraient « plus nombreux que les immigrés » et rencontreraient des « difficultés sur les chemins de lintégration » pour des raisons sociales et « des particularités reliées aux origines ». On comprend bien que cette analyse concerne surtout une certaine immigration, la plus importante dailleurs… Le vrai problème est que, même minoritaires, beaucoup de ceux que la France a accueillis en en faisant des compatriotes sont des sortes de « malgré eux » qui refusent toute forme dassimilation ou dintégration, le plus souvent pour des raisons religieuses. Du coup les voilà plus proches dimmigrés aux mêmes origines, formant de fait avec eux un peuple à part. Ce communautarisme auto-stigmatisant a pour conséquence au mieux une insupportable arabo-africanisation de trop de nos villes et quartiers, au pis une empathie latente avec les dérives terroristes que lon connaît. Cela, ce nest pas une « idée reçue », cest la réalité.

     

    Si lattachement aux origines est légitime, il est vite insupportable quand il revêt une forme ostentatoire, vite hostile. M. Gaudin a su dire à une certaine époque : « ça ne nous plaît pas ». Aucune « idée reçue » là-dedans, mais plutôt ce que lon appelle le « sens commun »

     

  • La machine infernale ?

     

    « Craignez-vous que le conflit syrien dégénère en 3e Guerre mondiale ? », cestla question, pertinente au regard de la mécanique du déclenchement des deux premiers conflits mondiaux, posée par Le Figaro aux lecteurs de son éditionélectronique.

     

    On se rappelle M. Hollande à la tribune de lONU : « Assad est à l'origine du problème, il ne peut pas faire partie de la solution » - niant ainsi que la lecture« démocratique » de lembrasement du Proche-Orient ait fait long feu. Aveuglés par le fantasme ridicule du « printemps arabe », MM. Juppé et Fabius ont fourvoyé la diplomatie française dans un soutien stupide à une prétendue opposition « libre » au régime de Damas. Or, les « groupes rebelles affiliéàlArmée syrienne libre » (Le Monde) sont devenus, de facto, au sein dune« Armée de la Conquête » les alliés objectifs des djihadistes salafistes dAl-Nosra et Ahrar Al-Sham, ouvertement financés par les monarchies sunnites du Golfe et en partie aidés par la Turquie, elle aussi sunnite.

     

    Tous les ennemis de M. Assad sont donc sunnites, à commencer bien entendu par les combattants de lEtat islamique. Il ne faut pas sen étonner. En effet, quels que soient les excès de son régime (mais lequel, dans la région - et ailleurs -, peut se targuer d’être « innocent » ?), M. Assad a maintenu une forme de coexistence fondée sur la protection des minorités et trouvé un soutien indéfectible dans lIran chiite. Le conflit actuel ressemble donc furieusement à un affrontement de type religieux entre les frères ennemis et irréconciliables de lIslam.

     

    Lintervention brutale mais efficace de la Russie a dabord le mérite de donner indirectement raison à tous les politiques qui, en France même, pensent que M. Assad fait partie de la solution. Par exemple à M. Védrine, lequel dénonce dans toute approche exclusivement morale lorigine de « l’échec de la stratégie occidentale » et prône une alliance pragmatique avec Damas contre « Daesh ». Ou encore à M. Chevènement, plus radical dans ses propos :  « L'élimination dAssad ouvrirait les portes de Damas à Daech ». Cela dit, lengagement russe pourrait bien nous impliquer dans une conflagration apocalyptique par le simple jeu de lengrenage des alliances.

     

    Signe inquiétant en effet : la sur-réaction de la Turquie et de lOTAN aux formes prises par les frappes russes. En fait, la Turquie (et, derrière elle, laxe sunnite tout entier) voit dun très mauvais oeil s’éloigner la perspective pourtant promise dun renversement de M. Assad et pourrait pousser ses alliésà une sorte de surenchère démagogique. Il est donc urgent de signifier que notre seul ennemi dans la région est lEtat islamique (à qui dautre pourrait sadresser lallusion de M. Hollande à la légitime défense ?) et que MM. Poutine et Assad - dont les autres objectifs ne constituent pas une menace pour la France, ni même pour ses alliés - doivent être considérés comme des partenaires. Sinon…  

     

  • Les mots et les choses

     

    M. Tin préside le Conseil Représentatif des Associations Noires de France, créé en 2005, dont le dernier communiqué (1er octobre) prétend qu’ « il y a en France au moins trois siècles de présence noire ». Pour sa part, Mme Ernotte, présidente de France Télévisions, déclare, fin septembre : « On a une télévision d'hommes blancs de plus de cinquante ans ». Passons sur les aspects contestables de ces deux déclarations. Le CRAN nayant pas étéinterdit et Mme Ernotte pas révoquée, on peut - on doit - penser quexistent bel et bien des « Noirs » et des « Blancs ». Ce nest donc pas cette réalité qui pose problème à certains mais plutôt laffirmation récemment réitérée que la France « est un pays de race blanche », sans quon ait bien compris si cest le substantif « race » ou ladjectif « blanche » - ou les deux - qui font scandale. 

     

    Il est vrai que, si elle cherchait à faire parler delle, Mme Morano a réussi. En tirera-t-elle quelque bénéfice politicien ? Cest moins sûr car la voici convoquéà ce que M. Finkielkraut appelle le « tribunal de lantiracisme ». Or le microcosme politicien et médiatique reste solidaire dans ses fondamentaux. Haro, donc, sur le baudet ! Des faux culs de la droite dite républicaine« fréquentable » égérie : Mme Kosciusko-Morizet - au dernier carré des chroniqueurs gauchards de France Inter - porte-parole : M. Legrand - lindignation aura été unanime et donc suspecte. 

     

    M. Valls lui-même sest fendu à lAssemblée dune  formule moins ridicule que révélatrice : « Marianne n'a pas de race, pas de couleur ». Il rappelle ainsi, sans doute malgré lui, que lallégorie de la République française na bien entendu aucun rapport avec la France elle-même, bien mieux incarnée par une Jeanne dArc quil serait difficile de représenter autrement que blanche de peau. Nen déplaise à M. Valls, la France nest pas la République, celle-ci n’étant quun régime idéologique auquel celle-là préexiste historiquement et auquel on peut espérer quelle survivra. 

     

    Dun point de vue historique justement, la France est incontestablement un pays « blanc » - pas vraiment concerné par les vagues migratoires avant la moitié du XIXème siècle, vagues de toute façon longtemps « blanches » pour lessentiel. Ce nest quaprès la fin de lEmpire colonial quon a assisté à une importante immigration susceptible de modifier cette caractéristique. Cela dit, personne ne peut nier quil y ait aujourdhui - et dabord dans les outre-mer - de nombreux Français qui ne sont pas « blancs ». Mais, dans limpossibilité de connaître leur nombre avec précision, vu linterdiction des statistiques ethniques, le simple bon sens incline à penser que les « Blancs » restent largement majoritaires.  

     

    Dès lors, parler d’ « un pays de race [mot en usage]  blanche » na rien de scandaleux et ne saurait, de toute façon, supposer aucun racisme honteux et rampant. Dautant que, contrairement à sa voisine germanique, la France nest pas de tradition - toujours lHistoire - mono-ethnique. Après tout, une nation, cest dabord, comme le rappelle M. Zemmour, « une histoire et un passé en commun ». Etre français ce nest pas forcément être blanc mais cest certainement revendiquer cet héritage de mille cinq cents années.  •