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  • Non quia timemus…

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    La décapitation de M. Gourdel semble avoir libéré la parole des « musulmans de France ». Ainsi, un grand nombre d’entre eux, s’arc-boutant sur le fantasme d’un « véritable islam religion de paix », appellent à des manifestations de solidarité nationale. On ne peut que leur en donner acte, même s’il est permis par ailleurs de rester sceptique sur la lecture un peu idéaliste qu’ils font de leur texte sacré.

    Le fait est qu’il n’est pas facile d’être musulman et français. Il est d’abord certain que la politique immigrationniste forcenée des quarante dernières années a abouti à la constitution d’une sorte de second peuple, du moins ressenti comme tel par la majorité des « Gaulois ». Facteur aggravant : malgré (ou à cause de) l’absence de statistiques ethniques officielles, tout un chacun peut penser que cette « communauté » n’est pas totalement étrangère à l’accroissement exponentiel de l’insécurité et au surpeuplement des prisons. 

    Dès lors, il n’y a pas lieu de s’étonner si, directement ou indirectement, elle constitue un terreau favorable à l’extrémisme islamiste (exemple : les provocations vestimentaires) et à l’islamo-terrorisme (exemple : M. Merah). Bien évidemment, tous les musulmans ne sont certes pas des terroristes mais, jusqu’à preuve du contraire, tous les terroristes (apprentis ou avérés) qui menacent la France, sont des musulmans. Bons ou mauvais, qu’importe ? 

    Concernant les mosquées, aucun gouvernement n’a fait quoi que ce soit pour mettre fin aux ingérences étrangères (Algérie, Maroc, Arabie Saoudite, Qatar, etc.) et aux dérives induites. Ce laxisme est directement responsable de l’émergence de mosquées « sauvages », lieux de la propagande salafiste la plus violente, qui semblent échapper à tout contrôle et qui sont les principaux vecteurs de l’endoctrinement jihadiste. 

    La situation est telle que M. Valls, brisant tous les tabous, ose enfin parler d’ « ennemis de l’intérieur » et reconnaît que nous sommes face à « un défi sans précédent ». M. Hollande prévient que « la France est en guerre contre le terrorisme ». Qu’il aille plus loin et ose prendre les mesures énergiques qui s’imposent (suggestions : expulsion, déchéance de la nationalité, bannissement dans un îlot de l’antarctique, sans omettre la peine légitime qui s’impose contre ceux ayant porté les armes contre leur présumé pays en temps de guerre). 

    L’anaphore incantatoire de M. Cazeneuve (« La France n’a pas peur ») paraît aussi dérisoire que la formule emphatique de M. Pasqua (« Nous allons terroriser les terroristes »). Il serait plus efficace - et plus rassurant pour les Français -  d’oser montrer à l’ennemi que nous sommes prêts à aller au bout de sa logique de guerre.  u 

     

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  • Daesh intra muros

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    Malgré moult bonnes raisons de ne pas y aller (ne pas s’engager dans une « guerre » qui ne résoudra rien, laisser les Américains s’occuper du chaos dans lequel ils ont eux-mêmes plongé le pays en 2003, ne pas risquer une goutte de sang français pour une entreprise vaguement « droit-de-lhommiste », économiser une armée qui n’en peut mais des coupes budgétaires, etc.), M. Hollande a donc donné l’ordre de procéder à des frappes aériennes en Irak. Convenons qu’il y aurait eu quelque inconséquence à ne pas le faire et qu’il est bon que la technologie militaire française s’affiche avec succès.  

    En revanche, l’exécutif a tort de refuser de prendre la vraie mesure de cette guerre qui ne veut pas dire son nom mais qui couve déjà sur notre propre sol. Sans être des modèles, les Anglo-Saxons ont au moins le mérite de nommer et de cibler l’ennemi islamo-terroriste (« patriot act » aux Etats-Unis, durcissement de la législation au Royaume-Uni, opération policière d’envergure en Australie). Ici, les mesures envisagées sont aussi dérisoires qu’inappropriées, et d’ailleurs toutes « préventives » (interdiction administrative de sortie du territoire, confiscation des passeports et cartes d’identité, blocage administratif de sites internet). Pour ce qui est de la répression, on fera confiance à l’arsenal juridique traditionnel ! 

    Voici, à titre d’exemple, l’histoire de deux Français, plus tout à fait comme les autres, MM. Farès et Nemmouche. M. Farès, « franco-marocain », recruteur jihadiste patenté, proclame sur Facebook : « Oui je suis terroriste et fier de l'être !!! C'est un ordre suprême d’Allah », avant d’être appréhendé sur les chemins qui mènent en Mésopotamie. Revenu de Syrie et/ou d’Irak, où il aurait été le geôlier peu amène de quelques uns de ses « compatriotes », M. Nemmouche, « franco-algérien », planifie et exécute méthodiquement la tuerie perpétrée au Musée juif de Bruxelles. Les services de M. Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, ont ainsi dénombré un petit millier (c’est donc un chiffre plancher) de Français (ou d’étrangers résidant en France), partis « faire le jihad ». Parmi eux, une proportion non négligeable de femmes et de mineurs. 

    Est-ce cela qui émeut MM. Valls et Hollande ? Toujours est-il qu’en haut lieu, ce que l’on déplore explicitement, c’est que ces gens-là courent un grand risque - certains (une trentaine) seraient même morts… Compassion ? A quand une marche blanche en leur mémoire et une cellule de soutien psychologique pour les survivants ? 

    Combien reviendront ? Combien sont-ils encore ici même ? Si tous les « jihadistes » ne sont pas des Farès ou des Nemmouche, tous peuvent le devenir. Le sacro-saint principe de précaution exige donc de les considérer tous comme des ennemis potentiellement très dangereux et de les traiter tous comme tels. Du fait de notre engagement en Irak, tout « Français » convaincu de participation à lentreprise de guerre contre les armes de la France que constitue le « jihad » devrait être passible de la peine habituellement infligée en pareil cas. Les frappes de nos avions Rafale pourraient ainsi permettre dinitier une véritable politique de guerre à lislamisme intérieur.  u

     

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  • De la posture à l’imposture

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    Si les faits sont têtus, les chiffres sont éloquents. M. Seux, économiste sérieux, consacre sa chronique quotidienne du 11 septembre sur France Inter à « la déroute de nos comptes publics ». Si on compare déficit public et chômage en France et en Allemagne depuis les décisions du pic de crise de 2010, notre pays est distancé, victime d’un « différentiel » alarmant. Et M. Seux d’affirmer : « politiquement, le couple franco-allemand tangue ; économiquement, nous en sommes au divorce ». Constat accablant qui prouve que M. Hollande n’a pas fait mieux en 2012-2014 que M. Sarkozy en 2010-2012. Et surtout que l‘avenir proche est plutôt (très) sombre.

    On se préoccupe pourtant davantage des scandales qui, l’un après l’autre, émaillent le quinquennat de M. Hollande. L’un des derniers en date, l’affaire Thévenoud, est particulièrement révélateur. Dans un papier joliment intitulé « Thomas l’imposteur », M. Jamet, qualifie à juste titre M. Thévenoud de tartuffe qui a eu « des mots particulièrement accablants pour M. Cahuzac » et même « le culot de stigmatiser les mauvais citoyens qui fraudent le fisc ou qui se dérobent à leurs obligations fiscales » ! (Boulevard Voltaire). 

    Le vrai scandale, ce sont moins les faits que l’exploitation qui en a été faite par les ex-« amis » de M. Thévenoud. Celui-ci n’est pas le premier à se faire épingler depuis le début de ce quinquennat prétendument exemplaire. Or, à chaque fois, les responsables socialistes, jurent, la main sur le cœur, qu’il s’agit d’une anomalie, oubliant tout simplement qu’ils sont comme les autres et que, pour être socialiste, on n’en est pas moins homme (ou femme). 

    Raison de plus pour ne pas trop en rajouter dans la condamnation grandiloquente : M. Valls, au Palais Bourbon, avait des accents dignes d'un tribun de l'Antiquité. A l'heure où le pays semble empêtré dans une de ces crises qui le plombent pour longtemps, la posture moralisatrice confine à l’imposture car elle permet de se défausser momentanément de son inconsistance sur une victime expiatoire. M. Thévenoud est coupable ? Qu'il soit châtié (par le fisc) comme il convient ! Mais qu'on cesse de confondre la politique et les cours de catéchisme : M. Hollande a été élu en 2012 sur un programme "de gauche" destiné à "redresser la France". A mi-parcours, les résultats sont calamiteux : pour les siens (la moitié de la gauche lui est hostile) mais surtout pour le pays (qui s’enfonce dans l’austérité et le déficit). 

    Etre gouvernés par des gens prétendument "moraux" (mais en l’occurrence plutôt hypocrites) n’est pas une fin en soi. L’Etat a d’abord besoin de serviteurs compétents et efficaces.  u

     

     

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  • Coup de mistral

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    Mercredi 3, veille du sommet de l’OTAN, la France fait savoir qu’elle diffère la livraison du « Vladivostok » à la Russie, la subordonnant à une double condition (cessez-le-feu et accord politique en Ukraine). Mélange d’alignement évident sur la position anglo-américaine (Londres et Washington, partisans déclarés de la plus grande rigueur vis-à-vis de Moscou, affichent immédiatement leur satisfaction) et de « coup de com » en forme de rodomontade (Paris comptant sur un arrêt des hostilités déjà programmé par les belligérants et officialisé dès le surlendemain – mais pour combien de temps ?). Une chose est sûre : une « suspension », a fortiori une annulation du contrat, constituerait un désastre social (pour les chantiers de St Nazaire), commercial (pour le crédit de la France à l’export), financier (remboursement et pénalité de plus de deux milliards d’euros) et sans doute politique.  

    En effet, à ceux qui veulent croire benoîtement que notre pays a agi en toute souveraineté, il faudrait demander quelle est notre stratégie. L’Elysée et le Quai d’Orsay prétendent que l’attitude russe en Ukraine contrevient « aux fondements de la sécurité en Europe ». Peut-on sérieusement considérer que nous sommes menacés par une Russie expansionniste, alors que celle-ci prétend simplement ramener dans le giron national certains territoires et populations manifestement « russes » en réponse à l’insupportable pression de l’Otan à ses frontières ? 

    M. Guetta lui-même admet qu’il faut donner à la Russie « l’assurance formelle que l’Ukraine s’interdira d’entrer dans l’Otan » (France Inter, 5 septembre). Problème : le même engagement concernant les ex-pays satellites de l’U.R.S.S. n’a pas été respecté. Il faudrait donc aller plus loin, s’orienter vers une « finlandisation » et/ou une fédéralisation de l’Ukraine.

    Or, comme le rappelle régulièrement M. Védrine, la politique « occidentale » n’est faite, depuis la fin de l’U.R.S.S., que de mépris et de provocations, jusqu’à la diabolisation insensée de M. Poutine. 

    A l’intérieur même de l’OTAN, par ailleurs totalement inféodée aux Etats-Unis d’Amérique, à côté de quelques « modérés » (la France en serait pour qui « la dissuasion fonctionne ») sévissent beaucoup de va-t-en-guerre (essentiellement les ex-satellites de l’Union Soviétique – pays baltes, Pologne, Roumanie, Bulgarie – plus sûrs soutiens de la stratégie anglo-américaine). Ainsi, face au au « défi russe », un « Readiness Action Plan » permettra de déployer une force de réaction rapide de plusieurs milliers d’hommes en moins de trois jours grâce au pré-positionnement des troupes et de leur matériel. On n’en serait évidemment pas là si « l’Alliance » ne s’était pas étendue, de façon agressive, jusqu’aux frontières de la Russie.

    Un accord de fond, de coopération et de sécurité, est non seulement souhaitable mais nécessaire. L’Europe occidentale – la France la première, et la seule s’il le faut – doivent cesser de voir dans la Russie un ennemi latent mais bien plutôt la considérer comme une grande puissance potentiellement amie, voire alliée.

     

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  • Beaucoup de bruit pour rien

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    « Panique identitaire » à gauche (M. Thomas Legrand sur France Inter) où le divorce semble imminent entre étatistes et réformistes : le second gouvernement de M. Valls n’en finit pas de faire des vagues jusqu’à l’intérieur même du P.S. et de lui-même, ce qui est un comble ! En témoigne la charge conjointe de Mmes Aubry, Duflot et Taubira. Pourtant, depuis la primaire socialiste de 2011, il était évident que MM. Valls et Montebourg incarnaient deux visions politiques et économiques inconciliables. De même que, plus récemment, tout le monde a entendu M. Valls prévenir que la gauche pouvait disparaître. (B.F.M.-T.V., le 14 juin) 

    Pourquoi s’étonner dès lors, d’autant qu’il est patent que ténors et éléphants du parti majoritaire fourbissent leurs armes pour l’élection présidentielle de 2017 ? Tous ou presque ont intérêt à ce que MM. Valls et Hollande échouent. Ces derniers sont de fait condamnés par la dérive des institutions de la Vème République (notamment la néfaste adoption du quinquennat) et par l’américanisation croissante de nos mœurs politiques (notamment la médiatisation disproportionnée de tout événement), à obtenir des résultats hic et nunc.

    Voici doncla Francegouvernée par un attelage improbable où la gauche libertaire (représentée par Mme Najat Vallaud-Belkacem, incarnation du carriérisme politicien) côtoie la gauche libérale (représentée par M. Emmanuel Macron, banquier d’affaires et haut fonctionnaire). D’aucuns crient au clientélisme et prédisent une prochaine tempête. On peut tout aussi bien relever une certaine cohérence. Tandis que l’on continuera de révolutionner les valeurs sociétales et de tailler dans les racines des gens de ce pays (mettant ainsi du baume au cœur de l’électorat gaucho-bobo-écolo), se poursuivra plus aisément la marche forcée vers l’euro-mondialisation par la libéralisation débridée de l’économie nationale (confortant ainsi l’alliance objective entre la droite et la gauche dites « de gouvernement »). 

    Le scepticisme s’impose donc. De toute façon, les chances de succès de M. Valls semblent plutôt compromises du fait des contradictions de la gauche, de la situation de la France et du contexte européen. Certes, M. Bernard Guetta (France Inter) peut prédire que M. Hollande sera sauvé par l’Europe : la menace déflationniste devrait, paraît-il, inciter la B.C.E. à faire baisser l’euro et favoriser enfin les investissements européens. Mais, forcément conjoncturel, cet hypothétique renversement de tendance n’aurait de toute façon que peu de portée pour le pays. Le bénéficiaire serait bien plutôt M. Hollande – ou M. Valls - qui pourrait envisager l’élection de 2017 avec plus de sérénité. 

    Rien de bien nouveau, donc. Et rien qu’on ne sût déjà.

     

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