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Daesh intra muros

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Malgré moult bonnes raisons de ne pas y aller (ne pas s’engager dans une « guerre » qui ne résoudra rien, laisser les Américains s’occuper du chaos dans lequel ils ont eux-mêmes plongé le pays en 2003, ne pas risquer une goutte de sang français pour une entreprise vaguement « droit-de-lhommiste », économiser une armée qui n’en peut mais des coupes budgétaires, etc.), M. Hollande a donc donné l’ordre de procéder à des frappes aériennes en Irak. Convenons qu’il y aurait eu quelque inconséquence à ne pas le faire et qu’il est bon que la technologie militaire française s’affiche avec succès.  

En revanche, l’exécutif a tort de refuser de prendre la vraie mesure de cette guerre qui ne veut pas dire son nom mais qui couve déjà sur notre propre sol. Sans être des modèles, les Anglo-Saxons ont au moins le mérite de nommer et de cibler l’ennemi islamo-terroriste (« patriot act » aux Etats-Unis, durcissement de la législation au Royaume-Uni, opération policière d’envergure en Australie). Ici, les mesures envisagées sont aussi dérisoires qu’inappropriées, et d’ailleurs toutes « préventives » (interdiction administrative de sortie du territoire, confiscation des passeports et cartes d’identité, blocage administratif de sites internet). Pour ce qui est de la répression, on fera confiance à l’arsenal juridique traditionnel ! 

Voici, à titre d’exemple, l’histoire de deux Français, plus tout à fait comme les autres, MM. Farès et Nemmouche. M. Farès, « franco-marocain », recruteur jihadiste patenté, proclame sur Facebook : « Oui je suis terroriste et fier de l'être !!! C'est un ordre suprême d’Allah », avant d’être appréhendé sur les chemins qui mènent en Mésopotamie. Revenu de Syrie et/ou d’Irak, où il aurait été le geôlier peu amène de quelques uns de ses « compatriotes », M. Nemmouche, « franco-algérien », planifie et exécute méthodiquement la tuerie perpétrée au Musée juif de Bruxelles. Les services de M. Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, ont ainsi dénombré un petit millier (c’est donc un chiffre plancher) de Français (ou d’étrangers résidant en France), partis « faire le jihad ». Parmi eux, une proportion non négligeable de femmes et de mineurs. 

Est-ce cela qui émeut MM. Valls et Hollande ? Toujours est-il qu’en haut lieu, ce que l’on déplore explicitement, c’est que ces gens-là courent un grand risque - certains (une trentaine) seraient même morts… Compassion ? A quand une marche blanche en leur mémoire et une cellule de soutien psychologique pour les survivants ? 

Combien reviendront ? Combien sont-ils encore ici même ? Si tous les « jihadistes » ne sont pas des Farès ou des Nemmouche, tous peuvent le devenir. Le sacro-saint principe de précaution exige donc de les considérer tous comme des ennemis potentiellement très dangereux et de les traiter tous comme tels. Du fait de notre engagement en Irak, tout « Français » convaincu de participation à lentreprise de guerre contre les armes de la France que constitue le « jihad » devrait être passible de la peine habituellement infligée en pareil cas. Les frappes de nos avions Rafale pourraient ainsi permettre dinitier une véritable politique de guerre à lislamisme intérieur.  u

 

Commentaires dans Lafautearousseau

 

Commentaires

  • Voilà un point de vue robuste et excellent. Je suis effaré qu'aucun des gazetiers habituels de la télévision n'ait posé la question de ce que l'on va faire de tous les islamistes qui sont empêchés de se rendre au Moyen Orient ; on semble tenir pour un grand exploit de les retenir sur notre territoire sans qu'on puisse dire si on les empêchera de faire leur sale boulot ici.
    Et, de fait, comme ils n'ont encore rien fait, on ne peut pas les coffrer préventivement... quelle pitié !

    Un seul point de désaccord "économiser une armée qui n'en peut mais des coupes budgétaires" ; le budget de la Défense est encore beaucoup trop largement doté ; le malheur est qu'une part prépondérante de la dépense est affectée à la force de frappe nucléaire, qui fut, jadis et naguère un absolue nécessité mais qui, depuis la fin du bloc de l'Est, est un anachronisme. Le Renseignement, les technologies de surveillance sont en revanche sous-dotés.
    Mais ceci est une autre histoire...

  • De grâce,ne mélangeons pas tout,sous prétexte que nous avons un mauvais président sans autorité dont les bourdes-en général sectaires-se multiplient sur nombre de questions : il illustre à lui tout seul un des nombreux avatars de la démocratie,où l'aveugle loi du nombre prime sur celle de la famille.(A cet égard,on peut rappeler l'intervention de Gambetta à la Chambre des députés affirmant la tête haute qu'il voterait pour le plus bête à l'occasion du prochain vote présidentiel,du temps où ce vote avait lieu en Assemblée Nationale !)
    Pour l'heure,on doit certes déplorer l'inutile intervention aérienne française en Syrie dans un but obscur, parce qu'indéterminé pour le contribuable français qui va payer la note.
    Par contre il paraît abusif d'assimiler l'affaire ukrainienne à l'affaire syro-irakienne,les deux affaires n'étant pas comparable-en particulier parce que plus de la moitié de la population ukrainienne est catholique uniate-.
    La soit-disante "inféodation" de la France à la politique américaine et l'OTAN dans ce cas est-elle contraire à nos intérêts et pourquoi ? Y-a-t-il lieu,sans rire,de la remplacer ou de l'additionner par une alliance avec la Russie de Poutine ? Sur quelles bases et pourquoi faire,dans l'état où nous sommes ?
    Il est plus facile d'interdire tout commentaire sur un tel sujet,car la glissade n'est pas loin !
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